La Préparation Mentale du Sportif

Depuis maintenant plusieurs décennies, l’intérêt porté à la psychologie par le monde du sport est en plein essor. L’influence du psychologique sur les performances sportives est au centre des discussions et de nombreux auteurs se sont penchés sur la question. Si l’on pouvait définir la psychologie du sport voilà ce qu’on pourrait en dire : « il s’agit d’une science consistant à appliquer au sport et à l’activité physique les principes de la psychologie, souvent dans le but d’améliorer les performances » (Richard H. Cox). Le rôle prépondérant du mental sur l’amélioration des performances et des résultats sportifs est au cœur du débat. Nous entendons de plus en plus d’entraîneurs, d’éducateurs et de sportifs évoquer le mental comme un facteur fondamental dans l’optimisation des performances sportives.

De nos jours, de plus en plus de sportifs intègrent « la préparation mentale » dans le cadre de leur préparation globale (physique, physiologique, nutritionnelle, tactique…). En effet, la question que l’on peut se poser est pourquoi certains sportifs ayant bénéficiés d’une préparation physique optimale n’obtiennent pas les résultats escomptés lors des compétitions ? Pourquoi un athlète maîtrise-t-il le geste parfait à l’entrainement et lors des compétitions, n’arrive pas à le reproduire ? Le problème viendrait-il du mental ? Avoir un « bon mental », qu’est-ce que c’est ?

Qu’entend-t-on par préparation mentale ?

La préparation mentale s’intègre dans une approche globale du sportif : biologique, psychologique et sociale. La préparation mentale est une technique utilisée dans le sport avec pour objectifs d’accomplir ou de maintenir des performances.

Elle vise le développement d’habiletés mentales dans le but d’optimiser les potentialités du sportif afin d’améliorer ou de maintenir ses performances.

La préparation mentale peut concerner le sportif amateur autant que le sportif de haut niveau.

Que peut apporter la préparation mentale au sportif ?

La préparation mentale va permettre de :

– Gérer son stress. Le stress est une réaction normale de l’organisme face à une situation ou un évènement particulier. Cette réaction permet de mobiliser les ressources nécessaires pour agir sur notre environnement. Le stress n’est pas forcément négatif, il peut améliorer nos performances si nous savons l’optimiser, tout est une question de dosage.

– Gérer ses émotions ou ses soucis personnels qui peuvent venir entraver la préparation et la concentration du sportif : (Ex : les inquiétudes quotidiennes, les peurs, la colère…). Ressentir des émotions est normal, mais lorsqu’elles deviennent trop présentes et envahissantes elles peuvent venir entraver la préparation et la concentration du sportif.

– Améliorer la confiance en soi, c’est-à-dire croire en ses capacités de pouvoir réaliser une performance, ou d’atteindre un objectif. Beaucoup de sportifs ne croient pas en eux et souffrent d’un déficit de confiance en soi. Ce manque de confiance en soi peut les empêcher de « donner le meilleur d’eux-mêmes » et d’aller au-delà de ce qu’ils pouvaient penser.

– Définir avec précisions des objectifs et mettre en place des comportements adaptés pour pouvoir les atteindre (Ex : définir si je souhaite gagner la prochaine course ou est-ce que mon objectif est de finir dans le top 10 ou bien encore est-ce que mon objectif est simplement de finir la course. La préparation ne sera pas la même selon le cas de figure.

– Restructurer des pensées dysfonctionnelles ou négatives (ex : « je suis nul », « je n’y arriverai pas »…) en les transformant en pensées positives. En effet, la façon dont je pense aura une influence sur mes émotions et mon comportement et par conséquent sur mes performances sportives.

– Améliorer sa motivation qui est l’élément clé de la réussite et éviter la démotivation. On renforce sa motivation par les succès, donc il est nécessaire de progresser étape par étape et de s’exposer progressivement aux difficultés des compétitions (Ex : commencer par des compétitions régionales avant de s’attaquer aux compétitions nationales).

– Gérer la souffrance relative à certains sports, comme par exemple la musculation ou le cyclisme, avec des efforts intenses répétés.

– Améliorer son sommeil (qui a un rôle fondamental dans la récupération physique et psychologique) et optimiser des phases de récupération lors de déplacements ou décalage horaires.

– Améliorer la concentration et l’exécution de gestes techniques. On pourra améliorer ces derniers par entrainement à « la visualisation »

– Gérer la blessure et les périodes d’inactivité. En effet ces périodes peuvent être difficiles sur le plan physique mais aussi sur le plan émotionnel. Etre accompagné pendant cette période peut permettre de récupérer plus vite et d’éviter la démotivation.

Par quelles techniques se prépare-t-on mentalement ?

– Les techniques de relaxation et de sophrologie : Shultz, Jacobson, et le Mindfulness « la pleine conscience »
– La visualisation : se représenter la scène en imagination, en essayant de coller au plus près avec ce qui pourrait se passer. Ex : le skieur, visualise la piste et s’imagine la descendre, en se représentant, en ressentant tout ce qui pourrait se passer.
– L’hypnose
– Planning de préparation adapté aux objectifs
– Les interventions cognitives et comportementales

Que faire pour se préparer mentalement ?

Se préparer mentalement tout seul demande de l’expérience, de la pratique et une bonne connaissance de soi. Néanmoins vous pouvez demander conseil ou vous faire aider par des professionnels formés. Sinon voici quelques conseils :

– Changer votre discours, « positivez », par exemple au lieu de dire « je vais essayer de ne pas perdre samedi », dites plutôt « je vais tout faire pour gagner », le positionnement interne n’est pas le même. Dans la première phrase vous activez toutes les émotions, pensées et comportements liés à la défaite, alors que dans le second exemple vous activez toutes les émotions, pensées et comportements liés à la victoire. ENTRAÎNEZ-VOUS… le changement de discours interne ne se fait pas en deux jours.

– Renforcez votre motivation : Faites le point sur vos forces et vos limites. Travaillez en vous fixant des objectifs atteignables, c’est-à-dire allez-y étape par étape. Si je démarre l’alpinisme, pour une première sortie je ne m’attaquerai pas à l’Everest. Si je le fait, le risque c’est que je n’y arrive pas et que je me démotive.

– Pratiquez une technique de relaxation ou de méditation, afin de gérer votre stress lors des compétitions.

– Lors de la compétition, entourez-vous de personnes calmes, évitez les gens stressés, car le stress se communique.

– Récupérez-bien en essayant d’avoir un sommeil de qualité

– Faites-vous Plaisir

Estève Franck
Psychologue
Préparateur Mental