La Gestion de la Défaite : Echouer pour réussir

Avant d’évoquer la défaite donc « l’après », il faut également penser à évoquer « l’avant », c’est-à-dire ce qui se passe avant la compétition, quelle est la signification et la représentation de la défaite pour le sportif (ex : défaite liée au résultat, défaite se soi-même, de son-égo, liée au regard de l’autre…) ? Comment l’appréhende-t-il ? A-t-il eu de douloureuses expériences…

Dans le sport de haut-niveau et même amateur, les sportifs sont programmés pour « gagner », milieu ou souvent les mots « échec » et « défaite » ne font pas partis du vocabulaire utilisé par l’entourage de l’athlète.

On donne très souvent des clés au sportif pour « apprendre à gagner » mais on donne très rarement des clés pour « faire face à l’échec et à la défaite ».

Car pourtant, l’échec fait partie intégrante de la réussite, c’est en échouant et en se trompant qu’on apprend et qu’on progresse, à condition de bien analyser les causes de ses erreurs mais aussi de ses réussites.

La Focalisation de l’Attention

Si l’athlète focalise uniquement son attention sur « la victoire » (le résultat), il oublie tout ce qu’il devra mettre en place pour atteindre ce dernier, à savoir « les moyens pour atteindre le but, l’analyse de la compétition, la concentration, la préparation » et ses performances n’en seront que moins bonnes.

Un des problèmes majeur est que le sportif se perçoit trop souvent uniquement à travers sa performance (si je gagne je suis bon, si je perds je suis nul), et non à travers une perception plus globale de lui-même, avec ses qualités et ses défauts et avec ses victoires et ses défaites.

La Notion « d’échec »

La notion d’échec doit être intégrée dans les processus d’apprentissage et d’amélioration des compétences et des performances. Si cela n’est pas fait, à terme l’enthousiasme peut se transformer en frustration voir même en démotivation si le sportif est confronté régulièrement à la défaite. Les conséquences pour le sportif seront d’avoir peur de se tromper et il passera son temps à essayer de ne pas faire d’erreur plutôt que de s’améliorer en se trompant. En situation de compétition cela majorera le niveau de stress et diminuera les performances.

Certains sportifs souffrent même du syndrome de « l’échec » qui les met inconsciemment en situation d’échec permanente, c’est-à-dire qu’inconsciemment ils échouent car ils ne veulent pas réellement être confrontés à l’échec (ex : blessure avant la compétition, perte d’un match facile à gagner…).

« Ce n’est pas la défaite qui est problématique, c’est la perception que l’on en a car ce n’est pas un évènement qui est stressant en soi, c’est la perception que j’en ai ».

Effectivement, si je perçois la « défaite » comme une catastrophe, j’aurai du mal à m’en remettre, mais au contraire, si je perçois la « défaite » comme une étape et un moyen de progresser, je la vivrai beaucoup mieux et elle sera alors profitable pour mon avenir.

Pour apprendre de « l’échec », il faut qu’il fasse partie intégrante de la formation afin qu’il puisse servir à apprendre un peu plus sur soi-même. L’échec ne doit pas être perçu comme quelque chose « d’inacceptable » ou de « honteux ».

 

Gestion de la défaite « l’après »

Rebondir après une défaite ou un échec dépend en partie du type de motivation du sportif. Si la seule motivation est le résultat, la reprise peut-être difficile, en revanche si le plaisir reste au centre de la motivation du sportif alors il rebondira plus facilement.

Quoi faire ?

  • Laisser passer et s’exprimer les moments d’émotions : colère, frustration, tristesse…
  • Ne pas tout remettre en question, percevoir la « défaite » comme une étape pour progresser
  • Apprendre de ses erreurs en analysant la compétition ou le match
  • Retire les points positifs et les points à améliorer
  • Reformuler les objectifs ou en créer de nouveaux
  • Récupérer physiquement et mentalement
  • Se focaliser sur les « moyens » pour progresser et aller de l’avant plutôt que de rester centré sur le « résultat »
  • Garder la notion de « plaisir » dans l’activité et la pratique