Cohésion et Performances Sportives

Pour un bon nombre d’entraîneurs, de sportifs, responsables de clubs, éducateurs, il est évident que le succès d’une équipe n’est pas seulement dû à l’association de talents ou à la mise en place de joueurs d’exception sur le terrain. Nous avons déjà tous pu entendre l’expression « sur le papier nous sommes plus forts », oui mais quelques fois cela reste uniquement sur le papier.

Alors pourquoi les équipes soi-disant plus fortes ne gagnent pas à chaque fois ? Certains évoquent la cohésion, d’autres parlent d’esprit d’équipe ou de dynamique de groupe, mais qu’en est-il réellement ? Est-ce la cohésion d’équipe qui favorisent les résultats positifs ou bien est-ce les victoires qui vont constituer et renforcer cette cohésion ?
Selon la littérature scientifique « les joueurs des équipes qui gagnent ont non seulement la faculté de travailler ensemble, mais ils ont également une certaine attirance les uns envers les autres » (Richard, H.Cox).

Définition de la « Cohésion »

« La cohésion des groupes est un processus dynamique qui se caractérise par la tendance d’un groupe à se serrer les coudes et à demeurer uni dans la poursuite de ses objectifs » (Carron, 1982).

On peut dire que la cohésion au sein d’un groupe est importante, car elle peut avoir un impact sur la dynamique de ce dernier en favorisant la communication, la coopération, en augmentant l’estime de soi de l’équipe et par conséquent améliorer les résultats sportifs.
On peut distinguer 2 types de cohésion : la cohésion opératoire et la cohésion sociale

La Cohésion Sociale

C’est le degré de satisfaction des joueurs d’une équipe à évoluer ensemble et l’attirance entre les coéquipiers (amitiés, plaisir de se retrouver…). La cohésion se fait grâce à des facteurs émotionnels et affectifs.

Cohésion et Performances

Il semblerait que les effets positifs soient prédominants lorsqu’on est sur une relation « cohésion-opératoire et performance », plutôt que « cohésion-sociale et performance ». En effet ce qui compterai avant tout c’est l’objectif commun de l’équipe.

La Cohésion Opératoire

C’est le degré de collaboration d’une équipe dans la poursuite d’un but bien précis (technique, tactique, objectifs de groupe), comme par exemple la « défense de zone au basket, le marquage individuel au foot… ». La cohésion se fait grâce à un objectif commun.

Les objectifs individuels doivent forcément être ramenés au projet collectif pour que la cohésion soit maintenue.

Renforcer la cohésion (Richard, H.Cox)

1. Permettre à chaque joueur de découvrir les responsabilités inhérentes aux autres postes de l’équipe. Donner aux joueurs l’occasion d’occuper différents postes afin de se faire une idée de l’importance des autres joueurs « Se mettre à la place de l’autre »
2. Prendre le temps de connaître chaque joueur de l’équipe. Les joueurs apprécient et collaborent avec ceux qui connaissent des détails personnels sur eux.
3. Cultiver le sentiment de fierté au sein des équipes. « Etre fier de faire partie de cette équipe »
4. Développer un sentiment de « propriété » chez les joueurs. Les joueurs ont besoin de sentir qu’il s’agit de leur équipe et non celle du coach.
5. Fixer des buts collectifs et ressentir de la fierté à les atteindre
6. S’assurer que chaque joueur de l’équipe s’imprègne de son rôle et est convaincue de son importance.
7. La paix sociale totale n’existe pas, il faut l’accepter.
8. Eviter la formation des clans qui résultent de séries de défaites, de la non satisfaction des besoins des joueurs, d’un manque d’occasions pour les joueurs de prouver leur valeur.
9. Mettre en place des exercices afin d’inciter les joueurs à coopérer entres eux.
10. Mettre en avant les points positifs même en cas de défaite.
11. Développer l’auto-efficacité collective (efficacité d’équipe) « ex : jouer contre des équipes plus faibles en début de saison »
12. Instaurer un climat motivationnel de maîtrise au sein de l’équipe « pas trop de concurrence au sein de l’équipe »
13. Eduquer l’équipe contre les effets destructeurs de la jalousie et les façons de les éviter
14. Travailler sur un langage commun sur le terrain
Franck Estève